L’INCA répond à vos questions

L’Institut national du cancer met à votre disposition un certain nombre d’informations générales sur le COVID-19 et sur les consignes à respecter lorsque l’on est atteint d’un cancer et que l’on est en traitement. 

Ces informations d’ordre général sont là pour vous apporter des éléments de réponse, vous donner des repères et faciliter vos échanges avec les médecins et les membres de l’équipe soignante. Elles n’ont cependant pas valeur d’avis médical et ne remplacent pas l’échange personnalisé que vous devez avoir avec votre équipe soignante, dans votre situation individuelle.

Les informations proposées peuvent en effet ne pas correspondre précisément à votre situation qui est unique et connue de vous seul et des médecins qui vous suivent. N’hésitez pas à poser des questions à vos médecins et aux membres de votre équipe soignante. Ce sont vos interlocuteurs privilégiés.

 

1. Si j’ai un cancer, est-ce que j’ai davantage de risque d’attraper le coronavirus COVID-19 ?  Ai-je davantage de risque d’avoir des complications ?

Les patients atteints de cancer sont généralement plus fragiles devant les infections virales comme le COVID-19.

Le risque de complications respiratoires et d’hospitalisation chez les patients atteints de cancer est beaucoup plus important (4 à 5 fois) que celui de la population générale. 

Certaines complications respiratoires peuvent être sévères en cas de contamination par le COVID-19. Leur développement est généralement rapide et plus important dans un contexte de chirurgie récente ou lorsque le patient a reçu une chimiothérapie dans les semaines qui précèdent. Certaines complications respiratoires peuvent mettre en jeu le pronostic vital, en plus du risque associé au cancer. 

C’est pourquoi les patients atteints de cancer et qui sont infectés par le COVID-19 doivent faire l’objet de précautions particulières de placement en isolement des autres malades et traités dans des services spécifiques.

En cas d’infection par le COVID-19, votre médecin pourrait être amené à suspendre temporairement votre traitement.

C’est pourquoi il est primordial d’appliquer les mesures mentionnées aux questions 3 et 4.

Si vous pensez présenter des symptômes ou avoir été en contact avec un porteur de COVID-19, reportez-vous aux questions 10 et 12.

Source

https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=775[ps2id id=’q1′ target=”/]

2. Les symptômes seront-ils différents parce que j’ai un cancer ? À quoi dois-je faire particulièrement attention ?

Certains cancers et certains traitements du cancer, en particulier la chimiothérapie, peuvent affaiblir les défenses immunitaires et augmenter le risque d’infection grave au COVID-19. Ils peuvent aussi en rendre les symptômes moins faciles à détecter.

Les principaux symptômes du COVID-19 en cas de cancer sont en général les mêmes que ceux de la population générale, à savoir fièvre ou sensation de fièvre, fatigue anormale, difficultés pour respirer (essoufflement) ou de la toux.

Soyez-y très attentif même s’ils sont minimes. Faites également attention à tout symptôme inhabituel, quel qu’il soit (par exemple confusion, somnolence, tremblements, douleurs) et demandez systématiquement un avis médical.

Si vous pensez présenter des symptômes, reportez-vous à la question 10.

3. Si j’ai un cancer, dois-je faire quelque chose de particulier ?

Oui, vous vous devez prendre des mesures de précaution supplémentaires.
Les traitements anti-cancéreux peuvent diminuer vos défenses immunitaires et peuvent vous fragiliser. Vous ne devez bien entendu pas interrompre vos traitements de votre propre initiative. Si vous avez des inquiétudes ou des questions, parlez-en avec votre médecin oncologue ou hématologue et votre médecin traitant. Soyez particulièrement attentif aux consignes des autorités de santé et respectez-les scrupuleusement. Sensibilisez votre entourage et invitez-le à respecter également ces consignes.

En effet, les mesures de distanciation sont encore plus importantes vis-à-vis des personnes ayant un cancer. Ainsi, il est impératif de faire respecter les gestes barrières et les gestes barrières renforcés par son entourage :

  • lavage des mains toutes les heures ;
  • port d’un masque chirurgical dès le début des symptômes ;
  • éventuellement exclusion de l’entourage de personnes potentiellement malades.

4. Comment puis-je me protéger ?

D’abord bien respecter les gestes barrières à adopter pour la population générale face au COVID-19 pour prévenir une contamination. Ils sont les mêmes, que l’on soit en bonne santé ou atteint de cancer ou bien porteur d’autres pathologies comme certaines maladies chroniques. Il est important de :

  • se laver les mains très régulièrement ;
  • tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
  • saluer sans se serrer la main, ne pas embrasser ; 
  • utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter ;
  • éviter tout rassemblement, limiter les déplacements et les contacts.

Pour votre entourage, des mesures barrières renforcées doivent également être respectées :

  • lavage des mains toutes les heures ;
  • port d’un masque chirurgical dès le début des symptômes ;
  • éventuellement exclusion de l’entourage de personnes potentiellement malades.

Le Gouvernement a édicté de nouvelles directives pour se protéger, protéger les autres et éviter la propagation du virus. Elles sont encore plus importantes pour les malades atteints de cancer et leur entourage : réduire au strict minimum les contacts et déplacements sur l’ensemble du territoire à compter du mardi 17 mars à 12h00, pour une durée de quinze jours minimum. Toute l’information mise à jour quotidiennement est accessible sur le site du Gouvernement www.gouvernement.fr/info-coronavirus.

Si vous ou votre proche devez accueillir un enfant en résidence alternée, soyez très vigilants, les enfants peuvent être porteurs du virus sans avoir de symptômes. Dans ce cas, isolez la personne malade du cancer dans une pièce séparée, utilisez des affaires distinctes et nettoyez-les régulièrement.

Tenez-vous informés via tous les moyens possibles.

Si vous vivez seul(e), appelez votre mairie, et votre médecin pour qu’ils puissent vous aider si besoin.

5. Quels médicaments puis-je prendre ?

Si vous n’avez pas les symptômes du COVID-19 ou si vous en avez guéri (selon un professionnel de santé), vous pouvez continuer vos traitements et soins en respectant les ajustements proposés par votre oncologue ou hématologue. Ils pourront si c’est nécessaire modifier les modalités de prise du traitement si cela est réalisable et opportun. 

Si vous avez les symptômes du COVID-19, ou si ce diagnostic est confirmé (par un professionnel de santé), prévenez le plus vite possible l’équipe médicale qui vous suit pour le traitement du cancer. Et signalez au médecin qui a posé le diagnostic d’infection à COVID-19 que vous êtes suivi pour un cancer afin qu’il puisse entrer en contact avec votre oncologue ou hématologue.

Votre oncologue pourrait être amené, s’il le pense préférable pour vous, à arrêter de façon temporaire vos traitements contre le cancer, le temps de soigner l’infection par le coronavirus, afin de réduire les risques de complications. 

Que vous ayez été contaminé ou non par le COVID-19, votre médecin oncologue ou hématologue pourrait également être amené à vous proposer de substituer votre traitement du cancer par voie intra-veineuse par un traitement par voie orale lorsque cette substitution est possible, pour vous permettre de rester à domicile. Respectez alors strictement la prescription qui vous sera donnée, n’hésitez pas à appeler votre oncologue ou votre médecin traitant en cas de difficulté.

Il est possible de vérifier si un médicament pourrait présenter un risque d’aggraver vos symptômes sur le site suivant : https://www.covid19-medicaments.com.

NB : A n’utiliser que si vous présentez des symptômes du COVID-19 (fièvre, fatigue, maux de tête, toux et maux de gorge, courbatures, gêne respiratoire). Dans tous les cas, c’est la décision de votre médecin traitant ou de votre oncologue ou hématologue qui prévaut.

Sources
https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=775  
https://www.gustaveroussy.fr/fr/covid-19-recommandations-pour-les-patients-de-gustave-roussy  
https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/dgsurgent/inter/detailsMessageBuilder.do?id=30500&cmd=visualiserMessage

6. Je prends des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et/ou des corticoïdes pour traiter les conséquences de mon cancer ou de mon traitement. J’ai entendu que ces médicaments augmentaient les risques de complications graves du coronavirus COVID-19. Dois-je les arrêter ?

Si vous prenez régulièrement ou occasionnellement un anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS) ou des corticoïdes, parlez-en à l’oncologue ou à l’hématologue qui vous traite ou à votre médecin traitant. N‘interrompez pas votre traitement par corticoïdes ou par aspirine à faible dose sans un avis médical.

Si vous n’êtes pas affecté par les symptômes du COVID-19 ou que vous êtes guéri (selon un professionnel de santé), poursuivez vos traitements et soins en prenant en compte les ajustements proposés par votre oncologue. Contactez-le en cas de doute. 

Si vous avez les symptômes du COVID-19, cas possible ou confirmé (selon un professionnel de santé), en cas de fièvre ou de douleur alors que vous êtes contaminé par le COVID-19 ou par tout autre virus respiratoire vous pouvez prendre du paracétamol, sans dépasser la dose de 60 mg/kg/jour (par exemple si vous faites 60 kg vous ne devez pas prendre plus de 3,6 g par jour) et dans tous les cas pas plus de 4 g/jour.

Si vos douleurs persistent, contactez votre médecin qui adaptera le traitement. N’oubliez pas que la fièvre fait partie des moyens de lutte de votre corps contre l’infection : l’objectif n’est pas de la faire disparaître mais de la rendre tolérable.

En aucun cas vous ne devez prendre un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) sans avis médical car ils pourraient entraîner de graves complications en cas d’infection, notamment par le COVID-19. 

Pour votre information il existe deux types d’anti-inflammatoires :
 
Les anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) : ce sont les corticoïdes (Prednisolone, Solupred, Prednisone, Celestene…) qui dans certaines maladies participent au traitement anticancéreux.

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) :  Ibuprofène (Advil et ses dérivés, Antarène, Nurofen, Spedifen, Upfen, Spifen…), Acéclofénac, Kétoprofène, Ponstyl, Nifluril, acide tiaprofénique (Flanid, Surgam), Minalfène, Célécoxib, Diclofénac, Voltarène, Lodine, Étoricoxib, Fénoprofène (Nalgésic), Antadys, Cebutid, Méloxicam, Nabumétone, Naproxène, Piroxicam, Arthrocine, Tilcotil… et aussi l’aspirine et ses dérivés à forte dose, atteignant ou dépassant 1 gramme par jour (l’aspirine à petite dose, par exemple le Kardegic prescrit pour une maladie du cœur ou des vaisseaux n’est pas concerné).

 

Sources
https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=775  
https://www.gustaveroussy.fr/fr/covid-19-recommandations-pour-les-patients-de-gustave-roussy  
https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/dgsurgent/inter/detailsMessageBuilder.do?id=30500&cmd=visualiserMessage

7. Je suis actuellement un traitement contre le cancer dans un établissement de santé : sera-t-il reporté ? Dois-je encore me rendre à mes rendez-vous à l’hôpital ?

Il est impératif que les patients atteints de cancer restent à leur domicile sauf si leur traitement doit absolument être intraveineux et s’il ne peut être reporté, et qu’ils évitent le contact de personnes qui pourraient être infectées par le COVID-19.

Vous ne devez pas interrompre vos traitements de votre propre initiative et vous devez contacter votre médecin oncologue ou hématologue, ou votre médecin traitant et suivre leurs recommandations.

Les établissements de santé sont des lieux où les contacts humains sont nombreux avec un risque possible de transmission du virus. Tous les établissements de santé (hôpitaux, cliniques) sont potentiellement susceptibles d’accueillir des patients infectés par le coronavirus. 

Votre médecin pourra adapter votre prise en charge pour éviter tout risque de contamination tout en maintenant un traitement efficace. Dans la mesure du possible vos déplacements seront limités. Si pour continuer à bien vous soigner votre traitement est maintenu à l’hôpital, sachez qu’une organisation spéciale est mise en place pour éviter tout contact inutile et éviter que vous ne soyez exposé.

Afin d’éviter les risques de déplacement en milieu hospitalier, il pourra vous être proposé un traitement sous forme orale ou en intraveineuse en hospitalisation à domicile (HAD).

Prenez contact avec votre oncologue ou votre hématologue avant de vous rendre aux rendez-vous dans le cadre de votre traitement.

 

Sources
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=775 

8. J’ai entendu dire qu’il y avait des cas de coronavirus dans l’établissement qui me soigne. Dois-je en changer ?

Non, en aucune manière. Vous ne devez pas changer d’établissement de soin. La survenue de cas d’infection au COVID-19 dans un établissement ne justifie pas de changer d’établissement. Cette décision ne vous protégerait pas plus et pourrait sérieusement perturber votre traitement. 

Le virus est en circulation dans l’ensemble du territoire national. Les établissements de santé sont des lieux où les contacts humains sont nombreux avec un risque possible de transmission du virus. Tous les établissements de santé (hôpitaux, cliniques…) sont potentiellement susceptibles d’accueillir des patients infectés par le COVID-19.

Mais des mesures sont prises par tous les établissements de santé pour vous protéger.

L’équipe qui vous suit adaptera le contenu et le calendrier de vos soins pour limiter votre exposition aux situations à risque de contracter le virus. 

Il vous sera proposé à chaque fois que cela est possible de remplacer votre venue à l’hôpital par une téléconsultation et d’organiser vos soins à domicile. Ces propositions seront d’autant plus adaptées qu’elles seront émises par une équipe qui vous suit et vous connaît. Selon les recommandations, les services d’oncologie médicale, d’onco-hématologie et de radiothérapie ne doivent pas accueillir de patients infectés par le COVID-19, qu’ils soient atteints de cancer ou non. Aussi, si vous devez vous rendre dans un établissement de santé, en respectant les consignes données par le personnel et les mesures barrières, vous limiterez au maximum le risque d’infection au COVID-19.

Sources
https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=775 
https://dgs-urgent.sante.gouv.fr/dgsurgent/inter/detailsMessageBuilder.do?id=30500&cmd=visualiserMessage

9. Quels professionnels de santé puis-je contacter ?

Si vous souhaitez obtenir des informations sur le COVID-19, vous pouvez contacter la plateforme téléphonique (appel gratuit depuis un poste fixe en France) au 0 800 130 000.

Si vous avez des symptômes (toux, fièvre, difficulté respiratoire légère), appelez votre médecin traitant (ou téléconsultation), et restez à domicile, isolez-vous.

Si vous avez du mal à respirer ou que vous avez fait un malaise, dans ce cas, vous devez contacter immédiatement le 15 (ou le 114 pour les personnes ayant des difficultés à parler ou entendre). Signalez-leur que vous êtes atteint d’un cancer, indiquez-leur également l’établissement qui s’occupe de vous ainsi que le nom de l’oncologue qui vous suit.

Pour toute question, concernant votre traitement (chimiothérapie intraveineuse ou orale, soins post opératoires, radiothérapie), nous vous invitons à consulter votre médecin oncologue, votre hématologue ou tout autre membre de l’équipe soignante qui s’occupe de votre traitement.

10. Que dois-je faire si je présente des symptômes d’infection ?

Vous êtes un patient en cours de traitement
Si vous suivez un traitement contre le cancer et que vous développez des symptômes évocateurs d’infection à coronavirus, appelez votre médecin traitant. En cas de malaise ou de difficultés respiratoires, appelez le 15. Dans tous les cas précisez dans quel hôpital vous êtes suivi pour le traitement du cancer afin que le médecin puisse au besoin contacter votre médecin oncologue ou hématologue.

Si vous présentez d’autres symptômes et notamment des symptômes qui vous ont été annoncés comme des effets secondaires du traitement, appelez le service qui vous suit. C’est notamment le cas si vous présentez une fièvre après une chimiothérapie sans autre signe : des consignes précises vous ont été remises en cas de fièvre pendant le traitement. Suivez ces consignes et contactez l’équipe qui vous suit.

Dans tous les cas, ne vous présentez pas à l’hôpital ou chez un médecin sans y avoir été invité, contactez les services de santé par téléphone en priorité.

Vous avez été traité pour un cancer mais vous ne recevez plus de traitement actuellement
En cas de symptômes évocateurs du COVID-19, vous êtes invité :

  • en l’absence de signes de gravité => à contacter votre médecin traitant. 
  • en présence de signes de gravité (malaise, difficultés respiratoires) => à appeler le 15.

Appelez votre médecin traitant ou le 15 mais ne vous rendez pas sur place. Expliquez vos symptômes et dans quelles circonstances vous pensez que vous pourriez avoir contracté le COVID-19. Le médecin contacté estimera, sur base de ce premier entretien, si vous devez subir un test ou pas. Si vous ne nécessitez pas de soins particuliers, rester à la maison est le meilleur moyen de prévenir la transmission du coronavirus. 

Signalez-lui que vous avez eu un cancer, le traitement que vous avez eu, et si vous faites l’objet d’une visite régulière. Indiquez-lui également l’établissement qui s’est occupé de vous.

11. Le fait d’avoir subi un traitement contre le cancer dans le passé – même si je suis maintenant en rémission – augmente-t-il mon risque si j’attrape le virus ?

 

Certains cancers et certains traitements du cancer, en particulier la chimiothérapie, peuvent affaiblir les défenses immunitaires et accroître ainsi le risque de contracter une infection quelle qu’elle soit, y compris une infection virale par le COVID-19. Même après la fin des traitements du cancer et même en cas de rémission voire de guérison avérée du cancer, l’immunité peut rester fragile un certain temps, et quelquefois à vie. Il est donc nécessaire de rester très vigilant.

12. Que puis-je faire si je suis le proche d’une personne atteinte de cancer ? Comment la protéger ? Y a-t-il des consignes ou des gestes barrières supplémentaires pour le patient comme pour moi ? À quoi faire attention (surveillance et gestes) ? Que faire en cas de symptômes ou de doutes ?

Les personnes atteintes d’un cancer, particulièrement en traitement, font partie des personnes à risque de développer une forme grave du COVID-19. Il est par conséquent impératif de suivre les mesures barrières renforcées en présence des personnes atteintes d’un cancer :

  • se laver les mains toutes les heures ;
  • tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
  • saluer sans se serrer la main, ne pas s‘embrasser ;
  • utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter ;
  • éviter tout rassemblement, limiter les déplacements et les contacts ;
    • porter un masque chirurgical dès le début de symptômes ;
    • éventuellement s’exclure de l’entourage du patient atteint de cancer.

Pour le protéger, l’entourage d’un patient atteint de cancer doit éviter au maximum les visites et les contacts en privilégiant la communication par mail, les réseaux sociaux, le téléphone, les outils audiovisuels. 

Si votre proche vit seul(e), appelez très régulièrement pour vous assurer que tout va bien. Invitez-le (la) à se signaler auprès de la mairie ou de son médecin traitant. 

Un appel des personnes malades est primordial pour s’assurer de leur santé et éviter tout sentiment d’isolement.

Si vous vivez avec un malade atteint de cancer

Si vous n’avez aucun des symptômes liés au COVID-19 mais que vous avez eu un contact étroit avec une personne malade, dans le doute isolez-vous à votre domicile en vous installant dans une pièce séparée, évitez tout contact avec votre proche malade, utilisez des affaires distinctes (linges, couverts), nettoyez-les régulièrement, réduisez strictement les sorties sauf pour le ravitaillement alimentaire, appliquez les gestes barrières, prenez votre température 2 fois par jour et auto-surveillez les symptômes de la maladie, et dans la mesure du possible, privilégiez le télétravail.

Si vous avez des symptômes évocateurs du COVID-19 (toux, fièvre, difficultés respiratoires) : isolez-vous à domicile, appelez votre médecin traitant ou un médecin par téléconsultation, n’appelez le 15 que si vous avez des difficultés respiratoires ou un malaise, isolez-vous strictement à domicile et donc évitez le contact avec une personne atteinte de cancer susceptible de développer une forme grave d’infection.

Si vous ou votre proche devez accueillir un enfant en résidence alternée, soyez très vigilants, les enfants peuvent être porteurs du virus sans avoir de symptômes. Dans ce cas, isolez la personne malade du cancer dans une pièce séparée, et utilisez des affaires distinctes et nettoyez-les régulièrement.

Dans tous les cas, respectez strictement les mesures barrières renforcées et restez aussi éloigné que possible de votre proche atteint de cancer jusqu’à ce que vous puissiez bénéficier des conseils d’un médecin. 

Si vous êtes infecté par le COVID-19 : respectez strictement les mesures barrières renforcées, restez aussi éloigné que possible de votre proche atteint de cancer. 

Si votre proche atteint de cancer présente des symptômes, reportez-vous à la question 10.

Si votre proche présente les symptômes du coronavirus : appelez immédiatement votre médecin traitant, appliquez strictement les mesures barrières ; suivez les consignes données par les médecins, notamment les consignes en cas d’aggravation, installez votre proche dans une pièce séparée.

Sources

https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=775

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

13. On m’a prescrit la pratique d’activité physique adaptée (APA). Comment faire durant cette période de confinement ?

La pratique d’une activité physique régulière peut avoir un impact bénéfique important chez un patient atteint de cancer, pendant comme après la maladie. Pour certains cancers, elle favorise ainsi la diminution de la fatigue, l’augmentation des capacités de récupération de l’organisme, et l’amélioration de la tolérance aux traitements (notamment post-opératoires et de radiothérapie). Elle contribue à une diminution des risques de récidive et de mortalité après traitement.

L’activité physique adaptée (APA) constitue l’un des « soins oncologiques de support » recommandés par l’Institut national du cancer, qui contribuent au maintien de l’état de santé général et à la prévention des séquelles après un cancer.

Il convient donc de ne pas interrompre la pratique régulière d’APA prescrite pendant et après la maladie, en veillant cependant à l’adapter aux circonstances actuelles et à respecter les consignes en vigueur concernant les déplacements à l’extérieur du domicile.

C’est la pratique collective d’une activité physique qui n’est pas permise pendant toute la durée de la période de confinement. Les établissements sportifs couverts sont fermés durant celle-ci et les cours collectifs ne peuvent avoir lieu jusqu’à nouvel ordre ; la pratique d’une activité individuelle en extérieur, telle que la course à pied, reste toutefois possible, à condition de se munir d’une « attestation de déplacement dérogatoire » (dont le modèle peut être téléchargé sur le site du Gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus) et de l’exercer seul et non en groupe, à proximité de son domicile.

La pratique d’une activité physique à domicile, lorsqu’elle est possible, ne fait quant à elle l’objet d’aucune restriction liée au contexte actuel. Elle est vivement conseillée.

Sources
Guide de promotion, consultation et prescription médicale d’activité physique et sportive pour la santé chez les adultes, HAS, Juillet 2019
Axes opportuns d’évolution du panier des soins oncologiques de support – Réponse saisine, Institut national du cancer, 2016

14. Je participe à un essai clinique dans un établissement médical. Que dois-je faire ?

Les professionnels de santé en charge de l’essai clinique vous ont remis les consignes pour les joindre lorsque vous avez donné votre consentement pour participer à l’essai. N’hésitez pas à les contacter pour toute question ou si vous rencontrez des difficultés pour réaliser le programme prévu (notamment vos examens de suivi, prises de sang ou scanners, par exemple). Surtout, n’interrompez pas votre traitement sans leur avis.

Si des symptômes d’infection par le COVID-19 surviennent (tels que de la fièvre, une toux, des difficultés respiratoires), ne prenez pas de médicaments sans avis médical. Si vous êtes diagnostiqué avec une infection à COVID-19, précisez au médecin qui aura fait le diagnostic que vous participez à un essai clinique et demandez-lui de contacter les personnes en charge de l’essai.

Dans tous les cas, privilégiez les contacts téléphoniques, ne vous rendez au cabinet d’un médecin ou à l’hôpital qu’après y avoir été invité par un professionnel de santé.

15. Durant la période de confinement, puis-je réaliser des examens de dépistage des cancers (du sein, du côlon, du rectum, du col de l’utérus) ?

De manière générale les démarches de dépistage des cancers qu’il s’agisse de dépistage des cancers du sein, du côlon et du rectum ou du col de l’utérus doivent être considérées comme non essentielles au regard du risque d’exposition et de dissémination du Coronavirus COVID-19 et des mesures de confinement en vigueur.
 
Durant cette période, les invitations aux programmes de dépistage sont suspendues. Les assurés sociaux ne reçoivent donc plus de courrier qui les invitent à réaliser une mammographie ou une consultation médicale en vue d’un dépistage du cancer du côlon et du rectum ou du col de l’utérus.

Que faire si j’ai reçu une invitation au dépistage avant le confinement ?

S’il s’agit d’une invitation pour réaliser une mammographie, elle pourra être pratiquée à la fin du confinement.

Les personnes qui disposent déjà d’un kit pour le dépistage du cancer colorectal pourront le réaliser à la fin du confinement. En cas de dépassement de la date de péremption, un nouveau kit de dépistage vous sera adressé. En cas de consultation chez votre médecin généraliste pour une autre raison, vous pourrez néanmoins retirer un kit de dépistage : le test sera à réaliser en fin de confinement.

Attention, la demande d’une consultation uniquement pour retirer un kit n’est pas possible durant le confinement.

Toutes ces mesures concernent les dépistages organisés qui s’adressent à des personnes ne se plaignant pas de problèmes particuliers. En cas de symptômes (perception d’une boule dans le sein, saignement dans les selles, etc.) une consultation du médecin traitant reste nécessaire (après avis du médecin par contact téléphonique durant la période de confinement).

16. Qu’est-ce que le coronavirus, ou COVID-19 ? Quels sont les symptômes du coronavirus COVID-19 ? Existe-t-il un vaccin ?

Les coronavirus sont une grande famille de virus qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des coronavirus), à des situations plus sévères (dans environ 15% des cas pour le COVID-19), voire pouvant menacer la vie (pour 5% des cas de ce même virus). Certaines de ces situations, notamment les atteintes pulmonaires fébriles (pneumopathies), nécessitent des hospitalisations dans des unités spécialisées.

Le coronavirus « SARS-CoV-2 », identifié en Chine, est un nouveau type de coronavirus dont la transmission à l’homme est vraisemblablement d’origine animale. La maladie provoquée par ce coronavirus a été baptisée par l’Organisation mondiale de la Santé – OMS COVID-19 ou « maladie à coronavirus 2019 ». Depuis le 11 mars 2020, l’OMS qualifie la situation mondiale du COVID-19 de pandémie du fait de la propagation désormais mondiale du virus avec 137 pays touchés.

Source

Ministère de la Santé et OMS

Quels sont les symptômes du Coronavirus COVID-19 ?

Les symptômes principaux sont :

  • la fièvre ou la sensation de fièvre ;
  • des signes de difficultés respiratoires, se manifestant par une toux généralement sèche ou un essoufflement inhabituel (dyspnée).

Comment le virus se transmet-il ?

La maladie se transmet par les gouttelettes émises par une personne infectée, principalement lors de l’éternuement ou d’une quinte de toux, à proximité immédiate et en direction de personnes saines. Un contact étroit avec une personne malade est donc nécessaire pour entraîner la contamination : même lieu de vie ou de travail, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou d’un échange verbal. 

Le risque de transmission est plus important lors d’un échange d’une durée de 15 minutes (ou plus), et en l’absence de mesures de protection (port du masque obligatoire pour les personnes suspectes d’être infectées ou celles dont l’infection à COVID-19 a été confirmée).

La transmission du virus par contact direct entre deux personnes (comme lorsque l’on sert la main à une personne contaminée) ou indirect (par contact avec un objet ou une surface contaminée par des gouttelettes), comme le fait de toucher son visage après un contact, est considérée comme plausible, c’est pourquoi il est essentiel de se laver très régulièrement les mains avec de l’eau et du savon ou du gel hydroalcoolique.

Il est à noter que le risque de contamination d’autres personnes par le COVID-19 est nettement plus important que pour la grippe.

Le mode de transmission du virus justifie donc qu’aient été prises des mesures de confinement ou « distanciation sociale » afin de diminuer le risque épidémique lié à celui-ci.

Existe-t-il un vaccin ?

Il n’existe pas de vaccin connu contre le coronavirus COVID-19 pour l’heure (mars 2020). Cependant, les scientifiques œuvrent au développement très rapide d’un vaccin afin de prévenir, comme pour la grippe hivernale, de prochaines épidémies liées à ce virus.

Existe-t-il un traitement ?

Plusieurs traitements sont en cours d’évaluation en France et dans le monde tels que des antiviraux et des antipaludéens.

Dans l’attente de la découverte de traitements spécifiques à ce virus, le traitement actuellement proposé aux personnes malades est symptomatique. Il consiste à traiter les symptômes du malade avec, par exemple du repos, l’utilisation du paracétamol pour diminuer la fièvre.

Il est important que la personne malade continue à appliquer les mesures barrières pour éviter de contaminer son entourage.

Source
https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus